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Livre pédagogique. Parlons banque en 30 questions (2018)

Avec Christophe Nijdam. À la suite de la crise de 2007-2008, le secteur bancaire et financier a été pointé du doigt. Des réformes ont été entreprises pour renforcer les règles et la surveillance des banques. Beaucoup reste à faire alors que menace déjà un possible retour en arrière. Le débat citoyen autour de ces questions est rendu difficile par la technicité du sujet. Comment les banques fonctionnent-elles ? Comment gèrent-elles les risques ? Qui les contrôle ? Pour sortir du brouhaha médiatique, "Entrez dans l'actu" vous apporte des informations objectives et factuelles sur les banques et leur secteur.

Revue académique. Finance et croissance (2017)

Avec Laurent Clerc. Introduction et coordination de la revue d'économie financière n°127. La plupart des articles rassemblés dans ce numéro de la Revue d’Économie Financière tentent de revenir sur la nature du lien entre finance et croissance à l’aune des enseignements tirés de la crise et de la relative instabilité de cette relation. Ils cherchent notamment à combler les lacunes qui subsistent dans notre compréhension du rôle de la finance et de ses interactions complexes avec l’économie réelle. Les enjeux sont considérables à un moment où les réformes mises en place après la crise commencent à produire leurs premiers effets, mais où s’élèvent des voix visant à en stopper la mise en œuvre – voire à les démanteler – au nom de la croissance qu’elles étaient pourtant censées rendre précisément plus robuste et soutenable ; considérables également à un moment où le débat s’engage sur la question de la pérennité de notre modèle de croissance dans un contexte de changement climatique, amenant inévitablement celle du financement de cette transition.

Article académique. Taux négatif : arme de poing ou signal de détresse ? (2016)

Les taux nominaux négatifs, dont bénéficient actuellement certains emprunteurs souverains, ainsi que les banques qui se refinancent auprès de banques centrales ayant opté pour des taux directeurs négatifs ont fait voler en éclat l’hypothèse d’un plancher zéro. Bien qu’ils étendent a priori les marges de manœuvre de la politique monétaire, les taux négatifs sont-ils une conséquence voulue et maîtrisée de la politique monétaire de gestion de crise ou, bien davantage, un symptôme de la déflation, un indicateur de gravité de la situation macroéconomique, voire le signe avant-coureur d’un phénomène de stagnation séculaire ? La reprise ne dépend-elle pas moins du taux nominal monétaire que du taux de rentabilité des investissements productifs, c’est-à-dire du taux naturel au sens de Wicksell ? Ce retour à l’approche wicksellienne du taux d’intérêt naturel conduit à se demander si pour écarter le risque déflationniste qui persiste et repousser la perspective d’une stagnation séculaire, il faut mieux agir sur le taux monétaire en le baissant toujours plus ou sur le taux naturel en essayant de le relever. Auquel cas, comment relever le taux naturel ?

Article académique. Pour une combinaison politique monétaire / politique macroprudentielle au service de la stabilité économique et financière de la zone euro (2016)

Avec Salim Dehmej. L’expérience de la zone euro au cours de la dernière décennie a montré qu’une politique monétaire unique ne favorise pas nécessairement la convergence des économies appartenant à une union monétaire. L’objectif de cet article est triple. Tout d’abord, nous cherchons à illustrer les divergences entre les pays de la zone à partir de l’écart entre le taux directeur de la politique monétaire unique et celui auquel aurait conduit l’application d’une règle de Taylor standard, que nous calculons à plusieurs niveaux : la zone, le « cœur », la « périphérie », et certains pays pris individuellement, représentatifs du cœur ou de la périphérie de la zone. Ensuite, nous montrons qu’une politique monétaire qui, pour corriger les déséquilibres financiers en résultant, utiliserait une règle de Taylor élargie à la stabilité financière risquerait de renforcer davantage les divergences. Enfin, nous en déduisons que la zone euro gagnerait à adopter un nouveau policy-mix qui consisterait à combiner la politique monétaire à des mesures macroprudentielles ajustées à la situation économique et financière de chaque État membre. Cette combinaison favoriserait la stabilité financière mais aussi la stabilité macro-conjoncturelle.

Article académique. La coordination entre politique monétaire et politique macroprudentielle. Que disent les modèles DSGE ? (2016)

Avec Salim Dehmej et Emmanuel Carré. Nous réalisons une méta-analyse de vingt-trois modèles dsge qui réunissent toutes les caractéristiques permettant d’observer les modalités de la combinaison entre la politique monétaire et la politique macroprudentielle (pmp). Ces modèles ont en commun d’incorporer des instruments macroprudentiels visant à limiter les fluctuations financières et de représenter la politique monétaire au moyen d’une règle de Taylor qui peut faire répondre le taux d’intérêt à la fois à l’écart d’inflation, à l’écart de production et à un écart financier. En considérant la valeur du coefficient de réponse à l’écart financier dans la règle de Taylor comme la charnière du policy-mix entre politique monétaire et pmp, nous en faisons notre variable dépendante. La relation que nous testons fait principalement dépendre cette variable du type d’instruments macroprudentiels choisis, de l’importance relative donnée à l’inflation et à l’output gap dans la règle de Taylor, et des modalités d’obtention (par optimisation/estimation ou par calibration) des coefficients de réponse dans la règle de Taylor. Nos résultats suggèrent que le type d’instruments macroprudentiels choisis influence de manière significative le degré d’articulation entre politique monétaire et pmp et que plus la règle de politique monétaire accorde de l’importance à l’inflation et moins cette articulation est forte.

Essai. Blablabanque - Le discours de l'inaction (2015)

La crise bancaire et financière de 2007-2008 avait offert une occasion de changer en profondeur le fonctionnement du secteur. Pourtant, en dépit de leur nécessité, les réformes ont provoqué une levée de boucliers de la part des banques et de leurs représentants. Au moyen d'un discours bien rodé, le lobby bancaire est parvenu à convaincre citoyens et gouvernements que le renforcement de la réglementation mettrait en péril l'investissement des entreprises, l'emploi et la croissance... Comment parvient-il à tisser sa toile jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir ? Quels sont donc les ressorts de son discours aussi influent que paralysant ? Comment réussit-il à capturer les esprits ? Un ouvrage critique qui décrypte la rhétorique du lobby bancaire en s'appuyant sur la grille de lecture du socio-économiste Albert O. Hirschman. Il s'adresse à vous tous et vise à vous faire prendre conscience que la finance n'est pas toujours sous contrôle, toujours pas au service de l'économie. Réappropriez-vous le débat !

Essai. L'économie pour toutes (2014, éd. poche 2017)

Avec Marianne Rubinstein. Un livre d’économie écrit par des femmes pour les femmes ? Exactement ! Parce qu’aujourd’hui elles étudient, travaillent, gèrent, décident… dans un univers autrefois réservé aux hommes et qui continue de se décliner au masculin. Les sondages l’attestent : bien que les femmes soient désormais de plain-pied dans la vie économique, elles s’intéressent peu aux débats qui s’y rapportent. Or, si elles renoncent à comprendre cette dimension du monde dans lequel elles vivent, il leur sera encore plus difficile de s’y faire une juste place. L’urgence est d’autant plus grande que celui-ci ne tourne plus très rond et qu’il faut rallier toutes les forces pour le remettre d’aplomb. C’est donc pour intéresser davantage les femmes à l’économie que les auteures ont entrepris, en dix chapitres thématiques – sur le logement, les banques, les inégalités hommes-femmes, l’entreprise, la discrimination à l’embauche, les disparités de revenu et de patrimoine, le pouvoir d’achat, les retraites, l’Europe et, last but not least, le bonheur ! –, d’en parler autrement. Loin de la posture en surplomb de l’expert, le ton est vivant, complice et non dénué d’humour. Pour montrer, même aux plus réticentes, qu’il est possible de parler d’économie clairement, sans aplatir la connaissance, ni simplifier à outrance. C’est tout le pari de ce livre, que les hommes feraient bien de lire aussi ! Ce livre a reçu le Prix lycéen « Lire l'économie » 2014 du Ministère de l'Éducation nationale.

Manuel. Monnaie, banques, finance (2014)

Manuel (4ème édition, avec la coll. de Guillaume Arnould). La finance est-elle toujours un moteur de la croissance économique ? Les crises financières sont-elles inévitables ? Comment renforcer la stabilité financière ? Quelles missions les banques centrales doivent-elles remplir ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage. Y sont présentées les principales notions de l’économie monétaire et financière contemporaine : essor des marchés de capitaux, produits et acteurs de la finance, taux d’intérêt, transformation du secteur bancaire, instabilité financière et supervision, formes et mesures de la monnaie, politique monétaire et autres missions des banques centrales… Tous ces thèmes sont abordés à partir de trois types de contenus : un corps de texte accessible sans prérequis, des encadrés pour approfondir certaines notions et points clés, des éclairages pour comprendre les questions et débats au cœur des publications des économistes.

Article académique. The relationship between trade credit, bank credit and financial structure (2013)

With Jérôme Héricourt. Using a database of more than 1,300 firms from six countries in the MENA region, we study the impact of financial development on the relationship between trade credit on the one hand and bank credit access and firm-level characteristics, especially financial health, on the other hand. Trade credit use increases with the difficulty for gaining access to bank credit, and indicators of the quality of the firm’s financial structure negatively influence the use of trade credit. Additional investigations tend to suggest that increased financial development significantly reduces the substitution relationship between trade credit and bank credit and more generally decreases the influence of most firm-level determinants for trade credit usage. These results are plausibly explained by a demand-driven story: when bank credit access gets increasingly difficult, or when financial health deteriorates, the demand for trade credit increases. Similarly, when financial development increases, firms have better access to bank credit, and impact of this variable (or financial health proxies) on the demand for trade credit becomes less or not significant.

Article académique. Le crédit commercial: un substitut au crédit bancaire… quand le développement financier est faible. Une analyse empirique sur données de firmes de la région MENA (2012)

Avec Jérôme Héricourt et Inès Chaari. À l’aide d’une base de données de plus de 1 100 entreprises de la région mena, cet article examine les déterminants de l’utilisation du crédit commercial. Dans un premier temps, nous montrons que la difficulté d’accès au crédit bancaire influence positivement le recours au crédit commercial, ce qui tend à faire du crédit commercial un substitut (même imparfait) du crédit bancaire. De la même façon, la qualité de la structure financière influence négativement le recours au crédit commercial, soulignant l’utilité de ce dernier pour les entreprises à la santé financière précaire. Dans un second temps, nous montrons que les résultats précédents tendent à s’affaiblir (voire à disparaître) au-delà d’un certain niveau de développement financier. Passé ce seuil, le crédit commercial deviendrait un complément du crédit bancaire dont l’importance dépend surtout de l’intensité des relations commerciales avec les entreprises partenaires.

Article académique. « Financial Regulation in the Crisis Regulation, Market Discipline, Internal Control: The Big Three in turmoil», International Economics n°123, issue 3, 2010.

The financial crisis has revealed the dysfunction of all banking and financial regulatory mechanisms. Prudential regulation failed to prevent the meltdown. Market discipline neglected to send any warning signals. Internal control was seriously undermined by doubtful dealings, in France as elsewhere. Does the crisis call the big three into question? No regulation mechanism is omniscient, whether it be state, market or self-regulation. As such, none of three can operate without the other two, with the corollary that they can only function together. It means that splitting up the big three can therefore not be the answer to the crisis. By contrast, since each one of them has shown its weaknesses, the only solution is to work on reinforcing each one. Unfortunately there is no guarantee that the reforms go far enough.

Article académique. « The measurement of financial intermediation in Japan », Japan and The World Economy, volume 20, issue 1, 2008.

Avec G. Capelle-Blancard et L. Soulat. In this paper, we examine the evolution of the Japanese financial structure, in order to challenge the expected incidences of the financial liberalization. We compute financial intermediation ratios for Japan (1979–2004) on a book value basis. According to our results, the intermediation ratio has remained quite stable, at around 85%. This stability is the result of two opposite trends: a decrease in credits and an increase in financial securities owned by financial (mostly, non-banking) institutions. These two trends are partly the consequence of the heavier weight of the Government in domestic external financing, which is traditionally less financed by credits than companies are. Besides, these two trends would not have appeared if we had used intermediation ratios in market value or other traditional indicators (Deposits/GDP, Loans to private sector/GDP, stock market capitalization/GDP, etc.). Our results provide evidence for a very close relationship between intermediate financings and market financings and tend to reject the hypothesis of the Japanese financial system's convergence toward a capital market-based system.

Article académique. Le financement des agents non financiers en Europe : le rôle des intermédiaires financiers demeure prépondérant (2003)

Avec Gunther Capelle-Blancard. Le degré d'intermédiation des financements de treize pays européens entre 1994 et 2001 est évalué à partir des comptes financiers nationaux (base Eurostat). Deux approches sont distinguées. L'approche par la demande adopte le point de vue des agents à besoin de financement qui sollicitent un crédit auprès d'un intermédiaire bancaire ou émettent des titres sur le marché. L'approche par l'offre enregistre l'activité des institutions financières qui contribuent au financement de l'économie, au-delà du crédit bancaire, en achetant des titres sur les marchés. Pour parvenir à une mesure du taux d'intermédiation en volume, les encours de titres sont corrigés de la valorisation boursière. L'idée est de capter uniquement, dans l'augmentation de la capitalisation boursière, l'aspect « nouveau financement ». L'écart obtenu entre l'évaluation en valeur et celle qu'on préconise en volume montre l'importance du biais induit par les effets de valorisation boursière. L'écart entre l'approche par l'offre et l'approche par la demande révèle qu'une large part des financements « demandés » par les agents non financiers sont « offerts » par les intermédiaires financiers (IF). Quant aux écarts entre les différents pays, ils ne se situent guère au niveau des financements externes (financements de marché/financements intermédiés) mais bien plus à celui des modalités même de l'intermédiation, selon que l'activité des IF consiste davantage dans le crédit ou dans l'achat de titres. Ces évaluations montrent que le degré d'intermédiation financière des financements s'est maintenu en Europe entre 1994 et 2001, dans une phase d'activité soutenue des marchés de capitaux. Cette évolution conforte l'idée que le développement des marchés financiers ne saurait se faire au détriment de celui des intermédiaires financiers.

Article académique. Les banques françaises de réseaux n’ont pas de problèmes majeurs d’inefficacité productive : une application de la technique d’enveloppement des données (2000)

Avec Thierry Chauveau. Notre premier propos, théorique, est d’élaborer une règle de classification en intrants et en extrants des différents arguments de la fonction de profit bancaire. Nous l’utilisons ensuite dans notre étude empirique de 38 banques françaises de réseau. La technique retenue est celle de l’enveloppement des données (DEA). La période étudiée (1994-1997) correspond à celle d’une grande faiblesse de la rentabilité des banques françaises. Les résultats que nous obtenons, supérieurs à ceux d’études antérieures comparables, nous conduisent à conclure que les banques françaises représentées par notre échantillon n’ont pas de problèmes majeurs d’inefficacité productive et que l’explication de leur sous-rentabilité se situe donc ailleurs.

Article académique. L’efficacité de la réglementation prudentielle des banques à la lumière des approches théoriques (1997)

Avec Philippe Madiès. La réglementation prudentielle n'est qu'une des composantes du contrôle bancaire ; son rôle est néanmoins crucial. Si son objectif de sécurité et de stabilité du secteur bancaire est généralement admis, le choix de ses instruments est plus controversé. Une analyse comparée de la littérature nous apparaît un outil méthodologique indispensable. Selon nous, les spécificités de la banque fondent sa réglementation. C'est donc sur leur capacité à intégrer les spécificités bancaires que doit se juger la pertinence des différentes approches théoriques. Les cadres d'analyse traditionnels (théorie de la préférence sur les états et théorie du choix de portefeuille) se révèlent mal adaptés à la formalisation des spécificités bancaires en raison de leurs hypothèses respectives de complétude et de perfection des marchés financiers. Dans les modèles récents de « réglementation optimale », la formalisation de la réglementation prudentielle des banques évolue désormais vers l'intégration, encore partielle cependant, des asymétries d'information indispensables à la compréhension de la spécificité bancaire.

Article pédagogique. La régulation financière à la traîne de la finance globale (2018)

Avec Gunther Capelle-Blancard. Les activités bancaires et financières ont acquis ces dernières décennies une dimension globale et une importance systémique auxquelles la régulation ne s'est pas ajustée. Celle-ci reste entravée par des Etats qui défendent jalousement leurs champions nationaux, par le pouvoir des lobbies et par la persistance de vastes zones d'ombre.

Article pédagogique. Réduire les divergences de la zone euro en régulant les cycles financiers (2017)

Avec Salim Dehmej. La zone euro souffre de divergences économiques et financières entre ses membres. La politique monétaire ne peut pas y remédier, puisqu’elle est unique, donc calibrée et menée pour la moyenne de la zone. Elle peut même les accroître en agissant seule, sans autre levier de politique économique pour la compléter. Cela rend urgent un nouveau policy mix en zone euro, qui prenne en compte le fait que la zone est hétérogène et soumise à des cycles financiers peu synchrones. Rechercher la stabilité économique par la stabilité financière est possible dans le cadre de la politique macroprudentielle, dont l’action contracyclique peut-être calibrée par pays, tout en étant coordonnée au niveau de la zone par une institution déjà en place, le Conseil européen du risque systémique. La zone euro se trouverait ainsi dotée de l’instrument d’ajustement macro-conjoncturel qui lui fait tant défaut depuis ses débuts.

Article pédagogique. Tempérer les cycles financiers de la zone euro pour la guérir de ses divergences (2017)

Avec Salim Dehmej. La zone euro est hétérogène et souffre des divergences économiques et financières entre ses membres. La politique monétaire unique n’est pas faite pour les résorber. Cela ne signifie pas qu’il faille y renoncer, mais indéniablement il manque un instrument qui vienne compléter son action pour réaliser les ajustements macro-conjoncturels dont les États membres de la zone euro ont chacun besoin.[...]

Article pédagogique. D’où viendra la prochaine crise financière ? (2017)

Depuis la crise financière de 2008, des dispositifs de régulation ont été mis en place pour éviter un nouveau Krach financier mondial. Mais seront-ils vraiment suffisants ? La crise financière enclenchée en 2007-2008 avait ouvert une fenêtre d’opportunité pour une profonde réforme du système financier car, comme le disait Jean Monnet, « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». Et, de fait, quelques réformes ont eu lieu pour relever les digues autour du secteur bancaire et financier, l’assainir et en prévenir l’instabilité. En Europe, les principales mesures concernent la solidité des banques, la réorganisation de leur surveillance et leur résolution en cas de défaillance. Aux États-Unis, la loi Dodd-Frank a été adoptée en réponse à la crise. Elle vise également à mieux contrôler les secteurs bancaires et financiers. Ses réformes vont dans le bon sens mais elles n’ont pas été menées assez loin alors même qu’aux États-Unis comme en Europe leur temps semble déjà révolu.

Article pédagogique. Les réformes bancaires ont-elles été poussées trop loin ? (2016)

« Le secteur financier a exercé un lobbying intense pour préserver sa structure et faire barrage aux changements nécessaires. » « Les grandes banques sont l’équivalent de réacteurs nucléaires. » Ces mots n’ont pas été prononcés par les militants de Nuit debout sur la place de la République à Paris, mais par le nouveau président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, en février 2016. S’ils concernent d’abord le secteur bancaire américain, ils valent aussi pour les banques européennes et a fortiori françaises. Bien sûr, des réformes ont eu lieu, impulsées par les travaux du G20, les accords du comité de Bâle, les standards du Conseil de stabilité financière et divers rapports, comme le rapport Vickers au Royaume-Uni. Des lois en ont résulté, d’envergure nationale (Dodd-Franck aux États-Unis, loi de réforme bancaire au Royaume-Uni, loi de séparation et de régulation des activités bancaires en France, etc.) ou d’envergure européenne (directives CRD IV, révision de la directive sur les systèmes de garantie des dépôts, directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires, etc.). Aucune n’a profondément transformé le secteur bancaire et financier. Elles exigent des banques un peu plus de fonds propres et de liquidité. Elles tentent de responsabiliser leurs créanciers obligataires et de réduire le risque systémique en confiant aux banques centrales la mission de superviser les banques d’importance. Mais est-ce assez pour remettre au service de l’économie réelle un secteur bancaire hypertrophié et dominé dans chaque pays par quelques mastodontes dont le bilan pèse pour chacun à peu près l’équivalent du PIB de leur pays, et dont 10 % seulement de l’actif contribue au financement des entreprises ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Chapitre de L'économie mondiale 2017, La Découverte.